Historique du nom: Villa quae dicitur Rouvrum (1080, Charte de l’abbaye de Saint-Florent de Saumur), Terra de Robore (XIIIe siècle), Le Rouvre (XVIe, XVIIe siècles, Archives 37, G481), Le Rouvre (1765, Carte de Cassini), Château du Rouvre (1820, Carte de l'état-major), Château du Rouvre (1834, Cadastre H2+H3), La Terre du Rouvre (1845, 1859, actes Robin/Tours), Le Château du Rouvre (1938, Cadastre H3), Château du Rouvre (2014, Carte IGN).
Ce fief relevant de la prévôté d'Oé. En 1085, Garin de Fontenelles donna à l'abbaye de Saint-Florent de Saumur ce qu'il possédait au Rouvre. En 1226, Philippe du Rouvre, premier seigneur connu de ce fief, donna à l'abbaye de Fontaine-les-Blanches un setier de froment de rente, à prendre sur la dîme de son domaine.
En 1514, le fief du Rouvre appartenait à Jean de Castelnau, second du nom, écuyer. Il épousa Jeanne du Mesnil le 21 octobre 1514. Il eut au moins neuf enfants dont quatre fils: Pierre, Michel, Vespasien et Titus.
Pierre de Castelnau, seigneur de La Mauvissière et du Rouvre, chevalier de l'ordre du roi, conseiller en ses conseils, premier maître d'hôtel de François de France, duc d'Anjou, lieutenant-général pour ce prince du comté du Maine et de la seigneurie de Château-du-Loir, de maria avec Jeanne Hamelin. Cette première union ne lui ayant pas donné de descendance, il en contacta une seconde avec Marguerite de Sigonneau dont il eut au moins: Françoise, Christophe et Mathurin. Leur père aurait été tué à Dunkerque en 1583. Il semble que Le Rouvre soit alors sorti du patrimoine et passé aux mains de Laurent Le Leytier, receveur des finances de ma généralité de Tours, sur lequel il fut saisi, le 26 novembre 1605, et adjugé à Mathurin de Castelnau qui rentra ainsi en possession du fief paternel. Tué au siège de Montpellier, le 27 septembre 1622. son corps fut ramené en Touraine pour y être inhumé dans l'église du prieuré de L'Encloître. Sept mois plus tard, sa femme, Marie Guiton, le rejoignit dans la tombe.
Le fief du Rouvre passa ensuite à Louis de Castelnau, maréchal des camps et armées du roi en 1650, conseiller en ses conseils. Mais, il semble qu'après Jacques III de Castelnau, Le Rouvre soit définitivement sorti de la famille.
En 1710, les registres paroissiaux citaient un Jean François Paul Péan, sieur du Rouvre, qui en était peut-être le propriétaire.
En 1751, Louis Charles Le Pellerin de Gauville, capitaine au régiment de Bourbonnais, chevalier de Saint-Louis, était seigneur du Rouvre. De son mariage avec Marie Madeleine de Challes, il eut deux fille, Marie Magdeleine et Françoise Louise Catherine, et deux fils, Michel et Louis Charles Marc Antoine l'aîné qui comparut par fondé de pouvoir à l'Assemblée électorale de la noblesse de Touraine en 1789 mais émigra par la suite. En conséquence, Marie Madeleine de Challes vit tous se biens mis sous séquestre. Un inventaire administratif fut dressé le 2 janvier 1793 par le district de Château-Renault et la Nation prit la place de l'émigré dans le partage de la succession de ses parents en décembre 1795. Le Rouvre et Malitourne, dont l'estimation avec les terres se montaient à 74.197 livres 10 sols, composèrent le lot ue devait se partager les deux sœurs. Le Rouvre échut à Françoise Louise Catherine, épouse de Jean Henri Meyer, officier général dans les troupes de la République. Elle en était veuve et remariée à Victor Charles Clément Julienne, quand elle vendit Le Rouvre pour 50.000 francs, le 15 février 1811, à Étienne Martel Marcheri.
Celui-ci, inspecteur des vivres de l'armée, mourut à Berlin le 17 mars 1812. Pierre Martel de Saint-Antoine, au nom et comme tuteur de son petit-fils Étienne Emmanuel, dut mettre Le Rouvre en vente. Le domaine fut adjugé pour 18.000 francs, le 22 mai 1813, à François Julien Angibault, ancien notaire à Paris et y demeurant. L'acquéreur devait payer et servir une rente viagère de 3.000 francs par an à Victor Julienne, constituée au capital de 30.000 francs, partie du prix de vente de la terre du Rouvre, par ledit sieur Julienne et défunte Dame Louise le Pellerin de Gauville, son épouse, le 15 février 1811.
M. et Mme Angibault revendirent Le Rouvre, le 26 octobre 1832, à André Boutray de Saint-Waast, dont la femme décéda cinq ans plus tard, laissant ses deux soeurs comme héritières. La liquidation de la communauté, le 14 mars 1838, laissa M. de Saint-Waast seul propriétaire du château qu'il céda, le 29 octobre 1845, à Jules Trollée, ancien notaire de Château-du-Loir.
Mais les biens de ce dernier furent saisis à la requête du vendeur et Le Rouvre mis en adjudication à l'audience des saisies immobilières au Palais de Justice de Tours, le 24 mars 1849, sur une mise à prix de 100.000 francs. M. Salomon, avoué, fut déclaré adjudicataire pour 128.500 francs. Il déclara qu'il avait acquis le château et la terre du Rouvre pour le compte et au profit de Pierre Lepingleux, ancien notaire, demeurant à La Flèche. Ce dernier aurait fait cette acquisition à l'occasion du mariage de sa fille Amélie avec Louis Charles Rondeau-Martinière. Son petit-fils Louis Pierre Rondeau-Martinière, décédé le 18 août 1928, fut conseiller municipal sans interruption, pendant 30 ans, de Neuvy-le-Roi. Officier de réserve, il partit au front à 58 ans, nommé capitaine puis commandant, il fut fait officier de la Légion d'honneur. Il fit partie du conseil d'administration de la Société Archéologique de Touraine.
Du logis seigneurial dépendait une chapelle qui est mentionnée dans un titre de 1788.
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