Historique du nom: Chargé (1429, Archives nationales, P12-330), Chargé-Contré (XVIe, XVIIe, XVIIIe siècles, Archives 37, C654, E208, E212, E294), Chargé (1639, Rôle des fiefs de Touraine, rôle de Chinon), Chargé (XVIIIe siècle, Carte de Cassini), Chargé (1791, Archives 37, 1Q88-102, Biens nationaux), Chargé (1820, Carte de l'état-major), Chargé (1837, 1957, Cadastre D2), Chargé (2013, Carte IGN).
Ce fief, ayant un revenu annuel de 6 livres en 1639, relevait du château de
Chinon. Guillaume de la Barre, écuyer, premier seigneur connu, rendit hommage, le 7 octobre 1429, devant Lantier, notaire à
Loches. Son fils, René de la Barre, seigneur de La Baraudière, rendit aveu, pour le même domaine, le 1er janvier 1484.
Fiacre de la Barre, écuyer, fils de René, rendit aveu en 1500. Il épousa Catherine du Plessis-Richelieu, dont il eut: Hardouin de la Barre, écuyer, seigneur de La Baraudière et de Chargé, qui rendit hommage en 1536; François, propriétaire de Chargé après son frère, archer du roi, marié, par contrat du 24 août 1544, passé devant Perceval, notaire à Chaumont-sur-Loire, à Georgette de Sorbiers, fille de Claude de Sorbiers, écuyer, seigneur du Plessis, et de Françoise Hallecourt; Jacquette, mariée, le 2 février 1526, à Pierre d'Uzès, écuyer, seigneur de La Ferrière.
Nicolas de la Barre, écuyer, fils de François, seigneur de Chargé, gentilhomme de la chambre du roi, fut employé à la garde du château de Chinon en 1592. Par contrat du 3 novembre 1575, passé devant Chauvin, notaire à Chinon, il épousa Guyonne du Fé, fille de Pierre du Fé, écuyer, seigneur du Jau, et de Jeanne du Bois, et eut deux fils, Nicolas et Pierre.
Pierre de la Barre, écuyer, seigneur de Chargé, épousa, le 21 avril 1601, Louise Ancelon, fille de Charles Ancelon, écuyer, seigneur de
Fontbaudry, et de Madeleine de Razilly, et eut deux enfants, Claude et Philippe.
Claude de la Barre, écuyer, seigneur de Chargé, lieutenant-colonel au régiment de Périgord (1630), épousa, en février 1636, Françoise Baudichon, fille de Guillaume Baudichon, écuyer, seigneur de Villeret, et de Marie de Bisac.
Charles de la Barre, écuyer, fils du précédent, seigneur de Chargé, cornette de la compagnie de chevau-légers du marquis du Coudray-Montpensier, fut confirmé dans sa noblesse le 30 août 1666. En 1689, il comparut au ban convoqué à Chinon.
Vers 1700, le fief de Chargé passa aux mains de René du Trochet, seigneur de La Tourière, qui le vendit à Jean François Doucet, avocat au bailliage de Chinon dès 1720. Ce fut en vain, semble-t-il, que Charles de la Barre, seigneur de La Guionnière, essaya de faire jouer son droit de retrait lignager sur Chargé et fit dresser procès-verbal de visite de ladite terre le 25 septembre 1720. A un autre Jean François Doucet, supérieur de la maison de l'Oratoire à Tours, parrain, le 30 mars 1728, de celui qui devait être l'abbé Fortuné Bouin de Noiré, décédé en avril 1742, succéda Pierre Paul Doucet, seigneur de Chargé, conseiller du roi, président au siège royal du grenier à sel de Chinon, demeurant en cette ville, paroisse Saint-Maurice. Le 24 janvier 1762, il loua à Charles Froger, laboureur, et Marie Sicard, sa femme, la maison et métairie de Chargé, se réservant le logis, la cave et le cellier. Le bail était fait pour 7 ans et 7 cueillettes successives qui commenceront à Notre-Dame de mars de 1763 jusqu'en septembre 1770.
Vers 1778, Chargé passa par héritage à Marie Françoise Doucet, héritière de M. Doucet, son oncle paternel, et femme de Fortuné Guillon, major de cavalerie, seigneur de
Rochecot à
Saint-Patrice. Le 9 juin 1779, pour 26.000 livres, les deux époux vendaient Chargé en l'étude de Me Bernier à Chinon. L'acquéreur était Louis Laurent Thinault, lieutenant particulier en la maîtrise des eaux et forêts de Chinon. Celui-ci se maria en octobre 1777 avec Louise Marie Victoire Ragonneau. De cette union, il eut au moins quatre enfants dont un seul, Arsenne, naquit à Chargé le 18 juin 1784 et fut baptisé à La Roche-Clermault. Le 25 novembre 1787, Louis laurent Thinault vendit le fief, pour 30.000 livres, à Anne Françoise Lenée, veuve de Charles Pierre Chalumeau, officier de la milice de Saint-Domingue, décédé en 1787. Elle eut une fille, Anne, et deux fils: l'un, Charles, baptisé le 28 août 1781 en l'église Saint-Etienne de Chinon et mort dans cette ville le 4 janvier 1849, était écrivain. L'autre, Louis Marie Chalumeau, recueillit Chargé dans la succession de sa mère, au partage du 9 octobre 1840. Il en céda la propriété, le 3 février 1842, à M. de Lorgères. Elisabeth Poignant de Lorgères, qui avait épousé en 1836 César Mocet du Chillois, reçut Chargé le 20 avril 1860. Son unique héritier, Louis Anatole Mocet du Chillois, en devint possesseur à la mort de sa mère survenue le 18 mai 1863 à la Roche de Luzay (Deux-Sèvres) où il résidait lui-même. Le 22 août 1874, il échangea le domaine aux époux Leblois et à leurs enfants M. et Mme Charles Vazereau. Le fils de ces derniers, Léon Vazereau, qui le reçut en dotation le 11 décembre 1883, le vendit, les 5 et 7 février 1903, au ménage Préteseigle-Radiguères. De nouvelles mutations firent passer Chargé, le 22 janvier 1941, à la famille Plouzeau puis, le 26 juin 1964, à M. et Mme Berton qui l'échangèrent avec leur beau-frère, M. Vazereau, le 30 mars 1965.
Il existait, à Chargé, une chapelle mentionnée dans le Registre de visite des chapelles domestiques du diocèse, en 1787. Une autre chapelle dépendant de Chargé, dédiée à sainte Catherine, se trouvait aux Petites-Maisons.