Sonzay - La Motte

Historique du nom: Ad Motam (1117, Cartulaire de Noyers, charte 425), Mota (début XIIIe siècle, Cartulaire de l’archevêché de Tours, charte 312), Mota (1277), La Mote de Sonzay (avant 1402, Cartulaire de l’archevêché de Tours, charte 189), Mote à Sonzay (1455, Titre de l’abbaye de La Clarté-Dieu), Mota in Sonzayo (1485, Titre de l’abbaye de La Clarté-Dieu), La Motte Sonzay (1600, Titre de Marmoutier), La Mothe de Sonzay (1639, Rôle des fief de Touraine, rôle de Maillé), La Motte Sonzay (1768, Archives 37, 2C, Tours), La Motte (XVIIIe siècle, Carte de Cassini), La Motte (1820, Carte de l'état-major), La Motte (1828, Cadastre D3+E1), La Motte (1858, acte Bouet/Sonzay) La Motte (1950, Cadastre E1), Château de la Motte (2013, Carte IGN).
Ce fief et châtellenie, sans justice, relevait du château de Tours et du duché de Château-la-Vallière. De la fin du Xe siècle à la première moitié du XIIIe, ils appartenaient à la famille d'Alluye. Hugues d'Alluye, quatrième du nom, ratifia les dons faits par son père Jean à l'abbaye de La Clarté-Dieu et, lui-même, lui abandonna son droit de justice en juillet 1248. Ceci avec le consentement de sa femme Alix et des ses quatre filles dont la cadette, Marguerite, lui succéda et fut mariée à Rotrou de Montfort.
A la fin du XIIIe siècle, Étienne Bouchard, seigneur de la Motte, était l'homme lige de l'archevêque à raison de la chapelle du château de Sonzay, du bois de Brèches, des emplacements occupés par les églises de Brèches et de Saint-Aubin-le-Dépeint et d'une chapelle à Saint-Christophe. Il était assujetti à 50 sous d'aide et à deux mois de garde, tous les deux ans, au palais archiépiscopal. De plus, ce seigneur devait, lorsqu'il était requis, accompagner l'archevêque lorsqu'il se rendait près du roi. Mais, dans ce cas, le prélat payait tous le frais du voyage et donnait à son vassal une pelisse de vair et une paire de chausse d'escarlate. Guillaume de Montgeroul, cité ensuite, était tenu au même devoir. De celui-ci, il existe une reconnaissance de dette de 27 livres, de mars 1383, envers l'abbaye de La Clarté-Dieu qui lui a fourni du vin. Il avait épousé Aliette de Rohan qui était veuve depuis peu quand elle fit une fondation, le lundi de Pâques 27 mars 1420, dans l'église de Sonzay pour l'anniversaire de son mari et le sien, à laquelle elle donna des reliques de saint Blaise qu'elle conservait dans la chapelle de son château. Dès le 12 février 1403, Pierre de Bueil était qualifié de seigneur de La Motte et de nombreux membres de cette famille seront cités ici jusqu'au XVIe siècle. Le 9 mai 1455, Jean de Daillon et son épouse Renée, dame de la Motte et Vouvray sur Loir, donnèrent aux religieux de La Clarté une Roche appelée la Roche de Vouvray située près de l'église pour laquelle il était dû annuellement 2 sols 3 deniers et 2 chapons, ainsi que tous les droits qu'ils avaient sur un lieu appelé la Borde à Saint-Christophe. Antoine de Loubes, panetier du roi était seigneur de La Motte dans la première moitié du XVIe siècle, par son mariage avec Renée de Daillon. Jean de Bueil, qui s'unit à Françoise de Montalais le 3 mars 1535, eut plusieurs enfants dont Honorat, Louis et Jeanne. Le second fut le père d'Honorat de Bueil plus connu sous le nom de Racan. Jeanne, de son second mariage avec Jean d'Acigné eut aussi un fils également appelé Honorat. Quant à l'aîné, Honorat de Bueil, seigneur de La Motte, conseiller du roi, vice-amiral de France et lieutenant du roi en Bretagne, capitaine de 50 hommes d'armes de ses ordonnances, il fut fait chevalier du Saint-Esprit par Henri III le 31 décembre 1583. Gouverneur de Saint-Malo, il fut tué le 14 mars 1590 lorsque la ville se déclara pour la Ligue. De son union avec sa parente, Anne de Bueil, naquirent deux garçons qui moururent jeunes et une fille née en 1573 et prénommée Anne comme sa mère. A 21 ans, elle fut mariée à Roger de Saint Lary de Bellegarde, lieutenant du roi en Bourgogne, grand-écuyer de France. Elle décéda, le 1er octobre 1632, au château du Bois, sans laisser d'enfants. La succession revint à ses deux cousins, Honorat de Bueil, seigneur de Racan, et Honorat d'Acigné, comte de Grandbois, qui conclurent un accord le 9 février 1635. Aux termes du partage effectué le 16 mai 1637, le premier recevait les deux tiers de l'héritage, alors que le second eut pour son tiers la châtellenie de La Motte-Sonzay, celle de La Roche-Behuard, le fief au Chat, Cangé, Brossesac, Allançon, le pré de Neuillé-Pont-Pierre et l'étang de Bornette, le tout estimé 102.432 livres, plus la châtellenie de Bouillé 78.500 livres et une partie du fief de Thoriau dans les paroisses de Neuillé et Sonzay 3.738 livres, soit un total de 184.670 livres.
Après la mort du comte Honorat d'Acigné, ses quatre fils, Honorat Auguste, Jean Léonard, Pierre et François, vécurent à La Motte. Le 17 janvier 1650, la fille d'Honorat Auguste, Anne Marie, avait épousé son oncle, Jean Léonard d'Acigné.
En 1741, La Motte appartenait à Henry, marquis d'Hilliers d'Entragues. Claude Louise d'Hilliers d'Entragues s'étant marié à Louis Auguste Cyr, marquis de Rieux, celui-ci vendit La Motte-Sonzay par acte passé devant Me Péron, notaie au Châtelet de Paris, le 6 novembre 1762, à Charles Nicolas Le Pellerin de Gauville, capitaine au régiment de la marine, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis. A la suite de cet achat, une contestation s'éleva entre le nouvel acquéreur et Michel Roland, comte des Escotais, de Charentilly qui prétendait faire jouer son droit de retrait féodal concernant les fiefs et seigneuries du Petit Thoriau et du Chat. M. de Gauville prétendait les avoir achetés conjointement avec le domaine de La Motte-Sonzay. Finalement, par une transaction passée le 6 octobre 1763, il renonça à son appel et consentit au retrait féodal des deux terres contestées. En 1789, il comparut par fondé de pouvoir à l'assemblée électorale de la noblesse de Touraine en tant que seigneur de La Motte-Sonzay, Le Breuil et autres lieux, alors que le chevalier de Gauville, Antoine le Pellerin, officier au régiment de chasseurs du Hainaut, y assista en personne et figurait parmi les signataires du procès-verbal du 30 mars 1789 qui mit fin aux travaux des représentants de cet ordre.
Mme de Gauville et son fils Antoine Charles vendirent La Motte au frère de ce dernier, Antoine Mathurin, devant Me Jousset-Delépine, notaire à Sonzay, le 31 août 1807. Le nouveau propriétaire avait épousé Amable de Paix de Cœur, d'une famille de Normandie. Le 11 septembre 1812, La Motte fut acquise par dame Estiennot de Vassy, comtesse de Beaumont. Son mari, Charles de Beaumont, chevalier de Saint-Louis et de Saint-Jean de Jérusalem, commandeur de la Légion d'Honneur, fut commandant supérieur de l'école militaire. Ils attribuèrent la terre de La Motte, aux termes d'une donation partage du 13 novembre 1842, à leur fils Alfred de la Bonninière, comte de Beaumont, qui la vendit, le 9 avril 1858, à Georges Eugène Houssard. Après le décès de ce dernier le 7 juin 1885, La Motte passa à son fils, avocat, docteur en droit, ancien bâtonnier, maire de Sonzay, conseiller général du canton de Neuillé-Pont-Pierre, qui mourut à Tours le 19 décembre 1899. Son fils, Eugène Georges Paul, célibataire, avocat à Paris, vendit La Motte pour 380.000 francs, le 12 novembre 1902, à François Augustin Pascal Napoléon Ramolino, comte de Coll'Alto, époux de Félicie Marie Joséphine Clouet des Perruches. Resté veuf en 1919 avec plusieurs enfants dont trois mineurs, la propriété fut mise en adjudication à la barre du tribunal de Tours, le 9 juillet 1921. Le domaine, comprenant le château, la ferme de La Basse-Cour, Le Fourneau à Chaux, Le Signal avec l'auberge, les fermes du Breuil, du Ripray et de Calypso, soit une superficie de plus de 271 hectares, mis à prix 350.000 francs, fut adjugé, pour 751.000 francs, à François Darblay, industriel, dont la famille en était encore propriétaire en 1977.
Au début de la Seconde Guerre mondiale, le château a abrité l'ambassade de la Roumanie.

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