Historique du nom: La Grange Saint Martin (XVIe siècle), La Grange Saint Martin (1639, Rôle des fiefs de Touraine, rôle de Saint-Christophe), La Grange Saint Martin (1765, Carte de Cassini), La Grange Saint Martin (1793, Archives 37, 1Q320-199-2, Biens nationaux), La Grange Saint Martin (1795, acte Archambault de Beaune/Tours), La Grange (1820, Carte de l'état-major), La Grange (1834, Cadastre I1), La Grange (1850, acte Sauvalle/Tours), La Grange (1937, Cadastre I1), La Grange (2014, Carte IGN).
Ce fief, qui appartenait au début du Xe siècle à l'abbaye de Marmoutier, était passé au XIe à la collégiale Saint-Martin de Tours qui en fit le siège de sa prévôté d'Oé. Une chapelle, dédiée à saint Georges, y fut fondée en 1503 par Jehan le Picard, conseiller au Parlement, chanoine de Paris et prévôt d'Oé. L'étang de la Grange, dépendant de la châtellenie, fut créé en 1453.
A la Révolution, la métairie de La Grange, saisie sur le chapitre de Saint-Martin fut vendue comme bien national le 14 août 1793. Elle fut adjugée pour 76.700 livres en assignats, soit une valeur de 29.299 livres or, à Michel Louis Bergey,
Il était né à Saint-Domingue le 16 octobre 1751, y avait épousé vers 1775 Louise Amélie de Barthalier (alias Barlatier, Berthelier) et était revenu en France vers 1778. Ancien capitaine des dragons du roi à Saint-Domingue, il était aussi, en 1789, Vénérable de la Loge tourangelle les Amis réunis et, en septembre 1791, il était assesseur au juge de paix de Tours, quand il fut désigné comme administrateur du département et membre du directoire le 25 novembre. Réélu en novembre 1792, il siégea au conseil général jusqu'au 14 décembre 1793. Le 14 mai 1794, il se retira à La Grange et refusa la charge d'agent municipal à laquelle il fut nommé le 14 décembre 1794. Il redevint administrateur du département du 25 avril au 17 octobre 1795 où il ne fut pas réélu. Mais le 19 mars 1796, il fut membre de la commission de cinq administrateur désignée par le Directoire pour gérer le département. Remercier de nouveau le 13 avril 1797 par les électeurs, la nouvelle administration fut bientôt destituée et Bergey revint comme président le 31 août 1797. Il abandonna ses fonctions le 1er janvier 1798 ayant été nommé inspecteur des contributions directes. En 1800, le premier consul l'appela aux fonctions de conseiller général et, en 1802, il fut élu comme membre du Corps législatif où il siégea jusqu'en 1807.
Michel Louis Bergey avait une sœur Marguerite Jeanne Bergey, épouse de Sebastien Raymond Bouchaud des Hérettes, qui était de Nantes. Ils eurent une fille, née à Paris le 4 juillet 1784, et prénommée Julie. Vers 1795, son père ayant perdu sa femme, la confia à son beau-frère, Michel Louis Bergey, et, à 11 ans, Julie vint vivre à La Grange. Elle fit la connaissance de Jacques Charles, physicien, mathématicien, peintre et musicien, son aîné de 38 ans. Le contrat de mariage fut signé à La Grange le 28 juin 1804 et le 25 juillet, Pierre Clairet, maire de Saint-Paterne, unissait Julie Bouchaud des Hérettes et Jacques Alexandre César Charles, membre de l'Institut national de France. Julie quitta alors La Grange pour Paris où son mari habitait au palais du Louvre. En 1816, elle rencontra Lamartine et mourut le 18 décembre 1817.
Quand il mourut, le 23 mai 1811, Michel Louis Bergey possédait encore La Grange. Celle-ci fut vendue, le 5 octobre 181, en l'étude de Me Archambault de Beaune, par ses trois enfants: Louise Adèle, épouse d'André François René de Cosne, contrôleur des contributions, Louis Michel et Catherine Jeanne Eugénie, femme de René Marteau, négociant à Nantes. L'acquéreur était François Baissey, inspecteur de l'enregistrement et domaines à Tours puis à Paris, qui la revendit, le 25 mai 1815, à Eulalie Moreau, veuve de François Joseph Gatien Nobilleau, médecin. Sa famille allait en garder la propriétaire durant presque un siècle. Pendant ce temps, s'y succédèrent en 1830, Louis Nobilleau, chirurgien directeur de la maternité de Tours, conseiller général de Neuvy-le-Roi, adjoint au maire de Tours, puis en 1864, son fils Louis Paul Nobilleau, membre de la Société Archéologique de Touraine. Il décéda le 22 novembre 1886 et lors du partage de sa succession, en 1890, le second lot comprenant La Grange échut à sa fille Marie Antoinette, épouse de Charles Louis Babin, ingénieur en chef des ponts et chaussées. Le 25 mai 1907, ils vendirent le domaine à Paul Jean François Vénière. Une nouvelle mutation le fit passer en 1925 à M. et Mme Ducroquet.
Le 2 avril 1940, le ménage Ducroquet cédait La Grange à M. et Mme Pinchon de Mesnil-Saint-Laurent (Aisne) qui, en 1960, la transmirent à leur fils Michel. Celui-ci, le 19 février 1971, l'échangea avec M. et Mme Jean Louis Brice.
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