Historique du nom: Codray (1358, Cartulaire de l’archevêché de Tours, charte 172), Le Coudray (1765, Carte de Cassini), Le Coudray (1793, acte Petit/Tours), Le Coudray (1820, Carte de l'état-major), Le Coudray (1826, Cadastre de Saint-Jean-sur-Indre C1+C2), Le Coudray (1960, Cadastre AP22), Le Coudray (2013, Carte IGN). Il faisait partie de l'ancienne commune de Saint-Jean-sur-Indre.
Ce domaine relevait du fief de La Roche. La chapelle du château du Couday était mentionnée dans les Registres de visite des chapelles du diocèse de Tours de 1776 et 1787.
Au XVIIIe siècle, Le Coudray appartenait à Alexandre Victor Dangé d'Orsay dont les héritiers, par acte passé devant Me Duval, notaire au Châtelet de Paris, le 23 juin 1763, le vendirent à Maurice Pronzat de Langlade. Celui-ci le céda, le 20 septembre 1763, à M. Liger et à son épouse, Perrine Cuisnier. Jean François Médard Liger était receveur des tailles et impositions royales à Loches. Par décision de la Cour des Aides de Paris du 27 juin 1781, Perrine Cuisnier fut séparée de biens de son mari.
Le 18 septembre 1785, elle procéda à un échange avec Jean Baptiste Joseph d'Amplemann, chevalier, seigneur de La Cressonnière et de La Roche-Saint-Jean. Elle lui donna une maison située à Loches, rue du château, et lui céda l'usufruit et jouissance du Coudray qu'il habitait à ce moment là. Par contre, elle recevait, de M. d'Amplemann, la nue-propriété de la borderie de La Bellangerie à Saint-Jean, la métairie de La Maison-Neuve, toutes les autres terres qu'il possédait dans la paroisse ainsi que le fief et la chapelle d'Amplemann située dans l'église, à côté du chœur avec tous les objets du culte. Il disait l'avoir acquise de M. de Bridieu, seigneur de Saint-Germain, le 13 juillet 1781. Mais Mme Liger se réservait le droit d'habiter Le Coudray avec sa fille Marie-Thérèse. Si elle décidait d'habiter ailleurs, M. d'Amplemann devait payer à Mme Liger une pension annuelle de 800 livres.
Or, le 20 novembre 1785, Mme Liger vendit la nue-propriété du Coudray à Eusèbe Félix Chaspoux, marquis de Verneuil, comte de Loches, vicomte de Betz, baron du Roulet, seigneur de Saint-Flovier, Sainte-Julitte et autres lieux, ainsi que la nue-propriété de tous les biens qu'elle avait reçus de Jean Baptiste d'Amplemann, seigneur de La Cressonnière, chevalier de Saint-Louis, le 18 septembre précédent. L'usufruit de tous ces biens lui restait acquis, tant à elle qu'au chevalier, durant leur vie, mais elle se réservait le droit de réméré pendant huit ans à dater du 1er janvier 1786. Ladite vente était faite pour 60.000 livres, dont la moitié fut versée pour acquitter une dette envers Mme Arnaudeau de Tours, l'autre partie fut hypothéquée sur la terre de Verneuil et versée aux héritiers de ladite dame et du seigneur de La Cressonnière après leur décès.
Mais le marquis de Verneuil décéda à Paris, le 27 janvier 1791, et avant l'expiration du délai de huit ans, le 20 mars 1793, Mme Liger fit jouer son droit de réméré envers les héritiers de M. de Chaspoux et rentra en possession de tous ses biens. Elle les vendit le 2 avril 1793, en l'étude de Me Petit le Jeune à Tours, pour 110.000 livres payées comptant, savoir 70.000 livres pour la nue-propriété et 40.000 livres pour la jouissance de M. d'Amplemann, à Alexande Pierre Louis de Frémusson, demeurant à Paris. Ce dernier mourut, laissant pour seule héritière sa fille, Marie Antoinette Robert, épouse de Barthélémy Chéronnet, propriétaire. Le ménage vendit Le Coudray, le 30 mai 1812, pour 100.000 francs à un ancien notaire de Paris, Antoine Gibé et à sa femme Marie Catherine Durand qui disparut peu de temps après. M. Gibé dut alors transiger avec sa nièce, Mme Frison, née Durand, héritière de sa tante, le 22 août 1812, et resta seul propriétaire par un nouvel acte passé le 24 septembre 1812. La terre du Coudray se composait alors du domaine du Coudray, de la chapelle de l'église, de la métairie de la Cour du Coudray, de La Bellangerie, de La Maison-Neuve, des bois de haute futaie et des vignes pour une surface de 118 hectares d'un seul tenant, plus 12 hectares et demi de prés.
Hubert Antoine Gibé, chevalier de la Légion d'honneur, fut conseiller général d'Indre-et-Loire et maire de Saint-Jean de 1815 à 1835. Remarié avec Antoinette Éléonore Poignant, il vendit, le 5 juin 1837, en l'étude de Me Pescherard à Perrusson, à George Smith d'Ergny, pour 145.000 francs, la propriété qui comptait alors 180 hectares car elle comportait en plus la terre de L'Hopitau ou Hopital de Saint-Jeann achetée au cours de son premier mariage le 8 mai 1794.
George Smith, un Anglais originaire du Surrey, ancien négociant à Dunkerque, obtint la nationalité française en plein blocus continental par arrêté du 18 septembre 1807. Le 6 février 1808, il épousa une jeune veuve, Louise Marie Adélaïde Véron Duverger, fille du directeur des douanes impériales de La Rochelle. Le 16 janvier 1829, il acheta au marquis de Biencourt, le château d'Ergny à Montreuil-sur-Mer, et se fit alors appeler M. Smith d'Ergny. Sur une parcelle de terre nommée Les Perruches située sur l'autre versant du vallon de La Roche, il fit construire le château de Montfélix pour son fils. George Smith d'Ergny mourut le 6 novembre 1846 au Coudray. Lors du partage avec sa sœur, Mme Piscatory de Vaufreland, qui eut les propriétés du nord de la France, il reçut pour son lot la terre du Coudray. Le 12 mai 1840, Georges Smith s'était uni à Antoinette Félix Mélan qui donna son nom au nouveau château. Elle eut quatre enfants dont l'un mourut à trois ans. Elle-même décéda en mars 1895. Quelques mois plus tard, M. Smith procéda à une donation-partage: l'un des fils jumeaux garda le château de Montfélix, l'autre eut la terre du Coudray. Le 22 juin 1903, en l'étude de Me Lablancherie, Auguste Georges Smith vendit à Fernande Camille Gillet, femme d'Alphonse Chautemps, ancien procureur de la République, député de Loches, puis sénateur, le château du Coudray seul, avec les communs, le tout pour une superficie de 3 hectares. La pièce de terre dite du Parc, d'environ 4 hectares, ne leur fut cédée qu'en 1909 par Georges Smith qui gardait la propriété de la ferme de La Cour du Coudray. Après la mort de M. Chautemps en 1944, son fils, avocat à Tours, vendit, le 22 décembre 1948, Le Coudray au général de division Pierre Manhès qui transmis la propriété à son fils.
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