Saint-Christophe-sur-le-Nais - Vaudésir

Historique du nom: Vaudésir (1639, Rôle des fiefs de Touraine, rôle de Saint-Christophe), Vaudesir (1765, Carte de Cassini), Vaudésir (1810, acte Bigot/Saint-Christophe-sur-le-Nais), Vaudésir (1820, Carte de l'état-major), Vaudésir (1834, Cadastre A1+A3), Le Château de Vaudésir (1935, acte du Tribunal de la Seine), Vaudésir (1938, Cadastre A1), Manoir de Vaudésir (2014, Carte IGN).
Ce fief relevait de la baronnie de Saint-Christophe et, à partir de 1667, du duché-pairie de la Vallière. Vers 1505, Jehan Jallon était dit seigneur de Narbonne et Vaudésir. Époux de Marie Poncher, il en aurait eu une fille qui se serait unie à un nommé Guettier, seigneur de la Motte-Chapon, paroisse de La Riche. De ce mariage naquit Raoulette qui s'allia en 1528 à un riche marchand de Tours, René Bonamour, lequel aurait fait reconstruire le manoir, vers 1532, pour le fils qu'elle lui donna. Ce dernier, prénommé comme lui, vendit Vaudésir, le 19 août 1558, à François Massicault, marchand à Tours, et Catherine Martinet, sa femme, pour 2.500 livres tournois et 200 livres comptant en or. Le 22 août 1558, François Massicault prenait possession de son acquisition et, le 13 juin 1559, il rendait aveu à Jehan de Bueil à La Motte-Sonzay. Jehanne Massicault, sa fille unique, se maria à Guillaume Dargouges, sieur de Vaux, et le ménage eut plusieurs filles: Charlotte, Renée, Julienne, Françoise, femme de Georges Mandat, juge et procureur civil en Touraine, Marguerite, épouse de François Pecquineau, et enfin Clade. Le 1er août 1593 eut lieu un partage qui donna le cinquième lot à cette dernière et le premier, attenant à celui-ci et comprenant la maison seigneuriale à François Pecquineau. Des contestations se seraient élevées entre lui et Claude dont le mari, François Testu, prit la défense de ses intérêts.Une transaction intervint entre eux le 16 juin 1597: les Testu abandonnaient des terres devant Vaudésir pour 16.800 livres dont le solde ne leur fut payé que le 27 avril 1611 par François Pecquineau. Celui-ci devait avoir des créanciers car, le 3 mars 1625, le fief et maison de Vaudésir furent vendus au plus offrant et dernier enchérisseur à la requête de Jehan Forget, aumônier du roi, chanoine et trésorier de l'église de Pontvallain, Pierre Forget, conseiller du roi et maître-d'hôtel ordinaire de sa maison, et René Amorger, chevalier. L'acquéreur fut sans doute Claude Testu, trésorier général des finances de Tours, car, le 28 mars 1641, le droit de pêche et de pont-levis lui fut accordé par Jean, comte de Bueil et de Marans, grand échanson. En 1656, on célébra le mariage d’Élisabeth Testu et du seigneur, comte de Broc de la Lizardière, dans la chapelle de Vaudésir. Celle-ci n'était pas indiquée dans les registres de visites de 1776 et 1787.
Par son testament en date du 30 octobre 1680, Marie de Chevry (ou Cheroy), veuve de Claude Testu, demanda que son corps soit porté à la Clarté sous Saint-Christophe. Elle décéda le 14 décembre 1690 à l'âge de 75 ans. Elle donnait au curé de Saint-Christophe 4 livres de rente, le premier dimanche de chaque mois, plus 20 sols pour la grand-messe. Le 9 février 1682, à Neuillé-Pont-Pierre, leur fils, prénommé Claude comme son père, s'était uni à Jeanne Barré qui fut veuve le 16 décembre 1696. Elle-même mourut à 58 ans le 1er mars 1718. Ils durent avoir au moins un fils, Claude aussi, seigneur de Vaudésir, qui fut inhumé à 34 ans, le 29 juin 1719, et plusieurs filles. L'une d'elles, Marie, baptisée dans la chapelle de Vaudésir, le 3 septembre 1683, eut comme parrain Urbain Goliard qui était qualifié de pauvre mendiant. Ses sœurs, Jeannette et Marguerite, vendirent, le 10 octobre 1719, pour 43.000 livres, Vaudésir, Vaux et La Jarrière à René Cuisnier, procureur au grenier à sel de Tours. Celui-ci déclara avoir agi pour le compte de Georges Baudard, fils mineur de feu Nicolas Baudard, en son vivant conseiller et secrétaire du roi et de ses finances. Un second acte, le 25 octobre, ajoutait à la précédente acquisition La Plissonnière, Aubry La Pinotte, La Forêt et La Goestière.
Le 24 janvier 1743, Georges Nicolas Baudard, écuyer, seigneur de Vaudésir, conseiller du roi et receveur des tailles en l'élection d'Angers et habitant cette ville, céda pour 41.000 livres les fiefs et seigneuries de Vaudésir, La Plissonnière, Aubry, La Forêt, La Pinotte, La Goistière, à Marie Thérèse Julie de Menou. Celle-ci était alors veuve de Charles Casimir de Thibergeau, en son vivant seigneur de La Motte-Thibergeau, Flée, Thoiré, La Pelletière, chevalier de Saint-Louis, brigadier des armées du roi, directeur des fortifications et places des pays de Saintonge, Guyenne et Poitou. Le 28 août 1764, elle revendit, pour la même somme de 41.000 livres, à Georges Nicolas Baudard de Vaudésir, écuyer, baron de Saint-James-sur-Loire, trésorier général des colonies françaises. Ce dernier était marié à Marguerite Baudry dont il eut deux enfants, Claude et Marie. Marie Baudard, sa fille, épouse de Jean Maurice Lavantine, écuyer, fermier général, reçut Vaudésir au partage des biens de son père par acte de Me Provost du 2 avril 1777. Elle fit son testament le 26 octobre 1784 mourut le surlendemain à Paris, léguant la propriété à son neveu, Maurice Baudard. Le 5 février 1785, Claude Baudard de Saint-James, comme tuteur naturel de Maurice Baudard, évalua à 54.000 livres les biens légués dont les titres lui furent remis le 6 juin par M. Lavantine. Ce Claude Baudard de Saint-James était très connu à la cour et, à la suppression de la charge de trésorier des colonies dans laquelle il avait succédé à son père, il reçut celle de trésorier général de la marine qu'il perdit en 1780. Mêlé à l'affaire du collier, il mourut à la Bastille en 1787 après une banqueroute de 20 millions.
Le 25 avril 1794, Maurice Baudard vendit Vaudésir, pour 124.000 livres, à Georges Juline Dubois de la Touche. Ce dernier était dit ancien capitaine de cavalerie demeurant à Paris, quand, le 18 décembre 1810, Louis François de Sarcé, domicilié au château de Hodebert à Saint-Paterne, lui acheta le manoir pour 73.900 francs. Le domaine avait une superficie de 75 hectares 49 ares et comprenait toujours Aubry, La Plissonnière et La Forêt.
Le 31 octobre 1837, M. de Sarcé fit une donation-partage entre ses trois enfants. Ce fut son fils, Louis Adolphe, qui reçut la propriété. Celui-ci assista comme témoin à Tours, le 29 avril 1862, au mariage de son neveu, Emmanuel Charles Marie de Tessecourt, avec Marie Élisabeth Le Caron de Fleury, avec lequel, le 4 et 6 mars 1875, il conclut un échange devant Me Fonteneau à Angers. M. de Sarcé abandonnait Vaudésir, avec Le Grand-Aubry et La Forêt. Il recevait en échange Le Breuil à Saint-Paterne.
M. de Tessecourt, qui habitait le château de ce nom à Chanteussé (Maine-et-Loire), revendit Vaudésir, le 23 juillet 1881, à M. et Mme Moulinet de Beaumont-la-Châtre. Ce fut à leur petit-fils, Alfred Louis Léon Moulinet, que Mme veuve Goulet acheta Vaudésir les 31 mars et 19 avril 1919. Elle le revendit, le 2 janvier 1925, à Raymond Henri Émile Jarry qui était vice-président du conseil d'administration des sociétés Tréfileries et laminoirs du Havre quand il mourut le 3 mars 1931. Il laissait sa veuve et cinq enfants. Par jugement rendu par la Chambre des criées du tribunal civil de première instance de la Seine, le 16 janvier 1935, Vaudésir fut adjugé à Lucien Louis Henri Gailledrat, entrepreneur de travaux publiques. Après le partage du 16 avril 1970 qui suivit son décès, Vaudésir fut attribué à l'une de ses filles, Marie Marguerite Louise, épouse de M. Amiot qui le possédait toujours en 1979.

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